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 Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck

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Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Lun 19 Sep - 4:19 - #


Betty Mapisa


Je suis un : [ X ] personnage inventé  [ ] scénario



Toi derrière l'écran


Ton pseudo/prénom : Stéphane
Ton âge : 25 ans
Comment t'es arrivé là ? Grâce à un partenariat sur un autre forum
Que penses-tu du forum ? Il est très bien, d'où ma volonté d'y être!
Présence : Oui. Pardon? Je n'ai pas bien compris la question? Oh. Alors disons six ou sept jours par semaine.
Un truc à dire ? J'ai toujours trouvé les kiwis horriblement laids. Oui, voilà.


Informations :


Nom de famille : Mapisa-Shabangu, mais le tout a été simplifié dans mes plus belles années alors que je vivais dans le Bronx, à New York. AMERICA FUUUUUDGE YEAH! - Prénom(s) : Betool, mais personne ne m'appelle ainsi depuis que mon défunt mari a perdu la vie. Les gens m'appellent Betty depuis des années, et depuis une dizaine d'années, «Mamie Betty» fait son chemin chez cette jeune génération d'incapables! - Lieu de naissance : Un village quelconque au Nigéria, dans les années où même le bitume n'existait pas! Ou presque... - Nationalité : Nigériane, j'ai quitté mon pays natal pour les États-Unis en 1958, puis j'ai à nouveau quitté l'Oncle Sam pour le Royaume-Uni en 2003 pour ma propre sécurité. En fin 2015, WikiLeaks publie une liste d'espions américains œuvrant, ou ayant œuvré, sur le territoire US illégalement. Dont moi. En mars 2016, la CIA me déplace en Australie, en banlieue de Brisbane. - Date de naissance : Je suis née le 13 mai 1927. C’était un vendredi treize. À ma naissance, les kikoos du village ont cru que j’étais l’enfant du diable. J’ai donc été victime d’une sorte d’exorcisme qui consistait à un étrange mélange de voodoo et d’alcoolisme avancé pratiqués par les sages de la tribu nigériane dans laquelle j’étais malheureusement tombée. - Âge : J'ai quatre-vingt-neuf ans, ma belle, mais sois sans crainte, je peux encore te broyer les os comme si je n'en avais que trente. - Orientation sexuelle : Oh! Vous savez, à mon âge, on n'y pense plus. - Statut civil : Délivréééée, libérééééée. Ghum, pardon. Veuve. - Métier : Je suis un agent inactif de la CIA, mais ici, je ne suis qu'une vieille ménagère à la retraite. - Groupe : Oranges - Date d'arrivée dans le quartier : Je suis arrivée ici le 04 mars 2016, et tous attendent le jour où je vais mourir. Moi aussi..

Avatar utilisé : Maya Angelou

Caractère/Physique :


Se définir, c’est bien la dernière chose qui me serait venue en tête. J’ai passé pratiquement toute ma vie à être définie par les autres, à vivre selon ce qu’on attendait de moi. Ce qu’on voulait de moi. Aujourd’hui, certains croient que je ne suis plus que l’ombre de ce que j’étais, et ces gens, ils ont tort. J’ai été redoutable. Je le suis encore. Et je le serai jusqu’à ce que Dieu vienne enfin me chercher. Allez, putain, faisons-le qu’on en finisse au plus vite. J’ai toujours eu les cheveux bouclés. Ouais, bon, aujourd’hui, ils sont plutôt blanc, mais dans mon jeune temps, ils étaient noirs et faisaient l’envie de tous ces messieurs qui rêvaient de goûter à Betty la mystérieuse et délicieuse descendante du continent pauvre. C’est raciste, mais c’était comme ça, à l’époque! Je tiens mes cheveux cours depuis plus de vingt ans, parce que ça me donne un certain style, mais il faut l’avouer, c’est aussi beaucoup moins difficile à entretenir! Je suis vieille, mais je me sens comme une jeune fringante de trente ans. J’aimerais bien raconter à tous vents que je n’ai que soixante ans, mais mes rides et ma peau détruite par la vie auraient tôt fait de démasquer mon jeu et de me faire passer pour une menteuse. Ce que je suis, bien sûr, mais c’est une autre histoire. À quatre-vingt-neuf ans, on aimerait être sportive, pouvoir courir des marathons et, ensuite, s’écrier : «C’EST TOUT, BANDES DE CONNARDS?!», mais la vérité, c’est qu’après avoir été au marché, j’en ai pour deux jours à m’en remettre. Qui oserait croire que je peux encore tuer? Ne vous fiez pas qu’au physique pour défier une vieille peau comme moi à un combat où vous croyez pouvoir vous en sortir indemne. Sois je vous tue, sois vous me tuez. Et si vous me manquez, je reviendrai.

Je suis comme toutes les vieilles femmes de mon âge : les décolletés, je trouve que c’est répugnant et il n’y a rien de mieux qu’une belle robe fleurie pour démontrer tous nos atouts à la gent masculine. Sauf si votre volonté est de vous faire baiser, alors là, je vous conseille d’y  aller directement toute nue. Vous me faites chier, avec vos conneries! Sur la plus grande partie de mon corps, notamment le dos, les bras et les jambes, je suis recouverte d’innombrables cicatrices. Vestige de mon passé au Nigéria. Lorsqu’on tombe sur mes cicatrices, il est rare que je raconte la vérité. Je préfère dire qu’à l’époque, j’avais un chat plutôt turbulent… Bon, allez. J’en ai marre. Ouvrez-vous les yeux si vous vous intéressez à mon physique, espèce de pervers.

Accueillante Ne vous laissez pas berner par les premières impressions, même si au final, vous auriez tout de même raison. Partout où je passe depuis ma retraite, je cause un débat : suis-je une vieille dame inoffensive ou suis-je une vraie casse-pied? Peu importe ce que les gens décideront, les jeunes du quartier seront toujours les bienvenus chez moi pour grignoter des cookies que je cuisine moi-même. J’aime beaucoup la présence des gens chez moi. Je désire toujours leur cuisiner leurs cookies préférés. C’est un trait de moi qui est aux antipodes de tout ce que je suis. T’es dans la merde, et tu ne sais pas où dormir cette nuit? Mamie a sans doute une couverture à te prêter pour que tu dormes sur la carpette d’entrée… Cinglée À peine arrivée que pour certains, je suis devenue la «vieille folle d’Orange Street». J’aime bien m’asseoir sur ma chaise berçante sur mon perron pour insulter les passants et leur crier après. Ces jeunes qui crient sans raison, ces ados qui mettent leur musique de merde trop forte, cette mère qui ne surveille pas bien son enfant… C’est mon passe-temps, mais je dois admettre que certains me font chier. Quand je les insulte et qu’ils me disent qu’ils m’aiment aussi, qu’ils sont heureux de me voir… Certains ont même le culot de s’arrêter pour discuter de tout et de rien avec moi. Je déteste ça! Autant que je déteste les fleurs! Cynique L’Australie adoptera une loi qui interdira les chiens de Johnny Depp sur le territoire? Qu’est-ce que j’en ai à foutre! La vie, c’est comme mon feuilleton télévisé préféré, les Feux de l’amour. Plus ça change, plus c’est pareil. Tout le monde finit par baiser tout le monde et ils finissent tous par s’engueuler, se séparer, se gifler pour au final revenir ensemble, vivre heureux et avoir quatorze millions d’enfants. Après, ils s’étonnent que les jeunes ne s’intéressent plus à rien. Merde! Il n’y a plus rien d’intéressant dans ce bas-monde! Directe T'es une petite conne. Arrête de me regarder ainsi, tu n'en deviendras pas moins bête. C'est la vérité, alors pourquoi je m'obstinerais à te mentir? C'est pas méchant -presque-, c'est constructif. Ma relation avec les gens est difficile, conflictuelle. Oui, je les aime bien, mais s'ils sont idiots, putain, je ne vais pas me cacher de les trouver cons. Discrète, voire secrète Rares sont les personnes qui connaissent véritablement ma véritable histoire. Je ne raconte jamais rien de concret sur mon passé, sinon que j'ai été une femme de ménage au Royaume-Uni toute ma vie et que je suis aujourd'hui en Australie pour terminer mes vieux jours. Je ne parle jamais de moi, de peur de me compromettre. Il en va de ma sécurité, quand même! J'hésite à parler des souffrances vécues au Nigéria, ça me bouleverse toujours un peu. Puis, merde, qui aime ressasser des souvenirs de torture? Impatiente Je déteste attendre. Je déteste vraiment attendre. Après quoi que ce soit, après qui que ce soit. On est jamais mieux servi que par soi-même, mais à mon âge, ça devient plus un mythe qu'une réalité, cette merde. C'est aussi une facette de ma personnalité qui prend de l'expansion plus je discute avec quelqu'un. Ceux qui tournent autour du pot (comme moi), sans jamais en arriver au point, ça m'énerve et ça me rend colérique. J'EN AI PAS POUR TRENTE ANS À VIVRE, PUTAIN, ACCOUCHE MERDE! Judicieuse, de bon conseil, disent-ils Les jeunes viennent souvent me demander conseil pour des conneries. «Je l'aime, qu'est-ce que je fais?»  Oublie-le, c'est un porc. «Il veut qu'on le fasse, que devrais-je faire?» Lui couper la bite. «Mon père frappe ma mère, ça ne me plaît pas.» Laisse Mamie Betty s'en occuper... La vie, c'est un peu comme une balançoire toute rouillée. Ça a l'air génial, mais quand tu te retrouves le cul endolori sur le sable, parce que la chaine a cassée, ça a vite fait de te rappeler que la vie, c'est de la merde rouillée dans un cul-de-sac. Vulgaire Va te faire foutre! Les pudiques du Royaume-Uni, ils disaient toujours que j'étais une vieille folle vulgaire, mais putain, m'avez-vous déjà entendu prononcer un seul connard de mauvais mot? NON? C'est bien ce que je pensais. Si j'avais été vulgaire, ET NOTEZ BIEN LE «SI», ce serait sans doute parce que je ne m'en rends pas compte. Ou qu'hypocritement, je le sais bien et que j'estime que c'est partie non négligeable de mon charme. En même temps, quand tu as subi mon histoire, un putain, ce n'est pas très douloureux. Rebelle C'est probablement mon trait de caractère le plus fort. C'est à cause de celui-ci que j'ai été torturé. Que j'ai fuis le Nigéria. Que j'ai accepté l'offre de la CIA (comme si j'avais eu le choix). Je me fiche des règles, de me fiches des conventions. Mamie Betty suit son propre chemin, ses propres règles. Je n'en ai rien à foutre des couvre-feux, des obligations de blablabla. Si je dois traverser la clôture pour servir mes propres intérêts, je le ferai. Si je dois contourner une loi pour protéger une personne que j'aime, je le ferai. De toute manière, à mon âge, ils ne m'enverront pas en prison. Vivante C'est la seule merde qu'on ne pourra jamais m'enlever. Je suis vivante. Au sens propre, bien sûr, mais au sens figuré également. Les vieilles, à quatre-vingt-dix ans, elles sont sur le seuil du paradis. Elles sont alitées et n'ont plus d'espoir. Moi, je suis vivante. Je chante, je danse, je fais du jogging (pas très longtemps, ouais), et encore mieux, je peux encore tuer. Je dois utiliser de stratagèmes un peu complexes pour y parvenir, mais j'y arrive encore. J'ai la mort dans le sang. J'ai également la vie dans le sang. J'aime bouger, mais si certains veulent aller faire mon épicerie pour moi, GÂTEZ-VOUS!

Histoire :


Je suis née dans une communauté nigériane qui ne s’attendait pas à tomber sur moi. Surtout pas un vendredi treize, véritable malheur de tous ceux et celles qui croient éperdument que la Terre est plate. Selon ce qu’on m’a dit, et ce que j’ai vu par la suite, le jour de ma naissance a été perçu comme l’annonciation d’une apocalypse certaine. Apocalypse où j’y tiendrais le principal rôle, celui de la putain de destructrice. Le Mal réincarné, la Douleur vive d’une communauté blessée par d’innombrables apparitions multicolores sans doute provoquées par la consommation excessive de drogues, d’alcool et de spiritualisme à en faire fendre le trou de cul d’un moine bouddhiste. À ma naissance, m’a-t-on dit, ma mère pleurait comme une Madeleine, convaincue que son portefeuille à moustaches avait engendré la nouvelle maîtresse de l’enfer. Mon père, lui, ce bâtard, serait immédiatement allé voir le chef du village pour lui indiquer que sa chienne de fille venait de naître. Le Conseil a été réuni, le feu a été allumé. Puis le voodoo, ou appelez ça comme vous voulez, a commencé. Ils m’ont aspergée de bière, d’eau, de tout ce qu’ils trouvaient à la portée de leurs mains. L’un a crié qu’on devrait me jeter dans le feu, l’autre qu’on devrait me dépecer pour nourrir la tribu. Tous des connards, des fous, des psychopathes. Ma famille, quoi. Toujours en est-il qu’ils ont fini par me laisser tranquille. Peut-être qu’un nuage de marijuana est venu à eux pour leur dire que j’étais sauvée par toutes leurs conneries…

Mon enfance a été relativement de la merde. Je ne suis jamais allée à l’école, puis je passais toutes mes journées à la maison à aider ma mère dans les multiples tâches à faire. Comme marcher quarante-deux kilomètres, cruches sur la tête, pour ramener de l’eau de la rivière. D’ailleurs, je n’ai jamais compris, merde. Pourquoi ils ne bâtissent pas leurs putains de villages sur le long des rivières? QUARANTE-DEUX KILOMÈTRES, PUTAIN! Mon père, lui, travaillait dans la construction. Il construisait des maisons. Son métier était très difficile : il devait prendre du sable, le mélanger à de l’eau et du crachat et construire des murs avec ça. Si c’était solide? Ne vous foutez pas de ma gueule. C’était il y a quatre-vingt-dix ans. Au Nigéria. Ce n’était pas New York, merde. J’ai toujours eu un esprit de rébellion. Je faisais le mur pour aller voir Yemi, un beau petit garçon qui embrassait comme un dieu. Quand mes parents ont su, je devais avoir quatorze ou quinze ans. J’ai été envoyée dans un couvent à Suleija. Je n’ai jamais revu Yemi par la suite.

J’avais vingt-quatre ans. Dans la poursuite de son effort d’être le pape moderne le plus ouvert vis-à-vis l’Afrique, Pie-XII avait autorisé le financement de dizaines d’églises et de missions chrétiennes au Nigéria. À l’époque, encore aujourd’hui, le pays était déchiré au niveau de la religion. Une guerre idéologique faisait rage entre les chrétiens et les musulmans. La mère supérieure du couvent est venue me voir, tôt le matin. C’était peut-être vingt minutes avant l’heure du réveil qui se faisait à cinq heures trente. Le pape allait rencontrer les autorités religieuses à Lagos, et la préfecture apostolique de Lagos avait besoin de personnels supplémentaires. Mon rôle devait être de tenir le bâtiment avec d’autres jeunes femmes, pour la plupart bien plus moches que moi. Mon poste allait être à la cuisine, et le simple fait de penser que je cuisinerais pour le pape était la plus belle chose vécue dans ma jeunesse. J’ai accepté, par obligation, mais surtout par sens du devoir envers Dieu. Quelques minutes avant l’entrée de Sa Sainteté, on m’a annoncé que j’allais plutôt servir le thé au représentant terrestre de Dieu, la jeune femme qui devait le faire étant atteinte d’une maladie quelconque. C’était bien, j’étais heureuse, j’étais fière. Être une femme, c’était difficile au Nigéria à l’époque –ce l’est encore, alors avoir l’honneur de servir le pape… Quelle délicate connerie, ouais. Rappelez-vous que les hommes, ils sont tous pareils. Des salopards. Des pervers. Des trous de cul. Lorsqu’il est entré dans la salle où il allait rencontrer les prêtres et tout, je me suis avancée pour lui servir le thé. J’étais stressée, j’essayais d’avoir de belles manières. Essayer, c’était déjà bien, non? Quand je me suis approché de lui pour lui verser du thé dans sa tasse, ce connard a posé les yeux sur moi, m’a mis la main sur une fesse en s’exclamant : «Ah, ces ménagères, on en a tous besoin d’au moins une!». LE MANGEUX DU FRUIT DE MES ENTRAILLES EN PLEINE DIARRHÉE! Ce petit salopard, se disant chaste et toutes ces merdes! J’ai laissé échapper la théière sur le sol, véritablement insultée. Non, mais, il se prend pour qui? Il croit que parce qu’il arrive en robe, entouré d’or, qu’il va se tremper le pinceau dans ma tarte aux poils? Je me suis étiré le bras, sans prendre de respiration, et je l’ai giflé en plein visage. De toutes mes forces. Comme si ma vie en dépendait. Qu’est-ce qu’il croyait? Que la négresse de service se laisserait tripoter par le premier vieux pervers venu?

J’avais vingt-quatre ans. On m’a renvoyé chez moi, dans mon couvent, dans ce que j’appelle le cachot des damnées. J’ai été attachée, frappée, brûlée, battue… J’ai vécu les pires horreurs qu’on puisse imaginer. Guantanamo peut aller se rhabiller; les élites religieuses sont cent fois plus dangereuses que ces pitbulls américanisés. Tous les jours, jusqu’à mes trente-et-un ans, j’ai été violentée, réduite à néant, un objet de violence pour calmer la rage des saints qui n’en sont pas. Mes parents m’ont reniée, ils ont abandonné la seule personne qui ne l’aurait jamais fait. Mon dos est un jardin de cicatrices, mes jambes un bouquet de trous. Je ne me rappelle plus de la moitié du temps passé dans ce cachot. Peut-être ai-je perdu conscience, peut-être ai-je voulu fermer mon esprit face à cette violence sans précédent. Chose certaine, dans ce cachot, je suis morte.

J’avais trente-et-un ans. C’était au début du mois de juin. Entre deux coups de fouet, j’ai demandé à m’entretenir avec la mère supérieure. Cela faisait plusieurs mois, peut-être même des années, qui sait la longueur du fil que j’ai raté, que j’en faisais la demande quotidiennement. Ce jour-là, on me l’a accordé. Je ne sais pas pourquoi. Je ne l’ai jamais su. On m’a détachée, sans daigner me donner quelque chose pour me vêtir, pour couvrir ma naïveté, pour cacher ma honte d’être encore vivante. Puis, ensanglantée, on m’a transportée jusqu’à son bureau. J’étais seule, nue, mais avec une volonté indéniable. Celle qu’on ne m’aura jamais arrachée. Celle qui n’aura jamais subi un seul coup de fouet. Ou une seule brûlure. Elle s’est approchée de moi, petit sourire aux lèvres, la salope, le regard accompli devant ce qu’ils avaient fait de moi. Me croyant brisée, me croyant démolie. N’ayant comme seule satisfaction qu’une enveloppe charnelle détruite, martyrisée. Ils avaient tort. Je lui ai sauté à la gorge. Nous sommes tombées. Je lui ai asséné tous les coups que je pouvais lui offrir, lui enfonçant je-ne-sais-quoi au fond de la gorge pour l’empêcher de crier, d’alerter mes bourreaux qui attendaient l’autre côté de la porte. Elle se débattait, et plus elle le faisait, plus je la frappais. Avec un chandelier, avec un encrier, avec la rage d’une jeune femme qui n’a plus rien à perdre. Elle a cessé de se débattre, elle a cessé de bouger. J’ai continué à frapper un peu, question de satisfaire une terrible envie en moi, puis je me suis levée. Sans me soucier de mon état, je suis sortie par la fenêtre à demi ouverte. J’ai couru sans arrêt, nue, mais habillée d’une détermination à ne jamais revenir dans cet endroit. Habillée d’une détermination à vivre, à donner des ailes à cette volonté qui ne m’a jamais quittée. On m’a trouvée sur la route, on m’a sommairement soignée, puis on a voulu m’apporter à la clinique. J’ai refusé. Je voulais quitter le pays, je me débattais, ils insistaient. Ces cons, quand ils refusent de comprendre, ils refusent. Bienvenue au Nigéria. Je ne voulais pas mourir. Je ne voulais pas retourner là-bas. Je ne voulais pas qu’ils me retrouvent. Je ne voulais pas. Tout ce dont je me rappelle, c’est que quelques jours plus tard, le 11 juin 1958, je me retrouvais aux États-Unis d’Amérique, dans une chambre du Bronx, habillée, recouverte d’une couverture, une femme au délicat sourire attendant avec patience mon réveil. Attendant de pouvoir m’indiquer où j’étais. Pourquoi j’y étais. Un organisme illégal venant en aide aux sans-papiers. Venant en aide à ceux qui ont peur de retourner dans leur pays, ceux qui craignent pour leur vie. Leur trouvant du boulot illégal, histoire de vivre. Histoire de survivre. De braves gens, ouais.

J’avais trente-cinq ans. Il était là, tout sourire, chewing-gum en bouche, en complet veston-cravate. Il était l’un des nombreux hommes généreux qui donnaient de leur temps pour aider les sans-papiers de New York à se dénicher quelque chose de décent. Il était avocat, il s’appelait Jackson. «Voyons, belle demoiselle, on va vous aider», m’avait-il dit, quelques mois avant que j’obtienne finalement la permission du gouvernement américain de demeurer sur leur territoire. Je l’ai épousé quelques mois plus tard, en 1964. J’avais trente-sept ans. Le seul amour de ma vie. Le plus grand. Un grand homme, afro-américain. Lui, il descendait de familles d'esclaves. Il n'a jamais su ses origines, mais il disait toujours que ses origines, c'était moi. Il me manque, ce con, mais il ronflait beaucoup trop fort.

J’avais quarante ans. C’était en novembre 1967, alors que je me dirigeais vers le cabinet du dentiste pour lequel je travaillais. Secrètement, il va sans dire, parce qu’à l’époque, aux États-Unis, les noirs qui travaillaient, c’était mal vu. Trois hommes en noir m’ont encerclée, et avant que je puisse me défendre, je me suis retrouvée à l’arrière d’une camionnette, d’un fourgon. Putain, il faisait chaud là-dedans, c’était humide comme rarement vu. Ça sentait l’homme qui ne s’était pas lavé depuis quelques jours. Ça sentait mon Jackson. Mais, ce n’était pas lui. Non. C’est cette journée que la CIA m’a recrutée, me promettant une protection contre le Nigéria et l’obtention de la citoyenneté américaine. J’ai accepté, par peur de ne jamais sortir de ce fourgon, mais également pour avoir l’esprit tranquille vis-à-vis ceux qui voudraient me retrouver dans mon pays d’origine. J’ai commencé par effectuer quelques missions d’espionnage non officielles à New York, puis peu à peu, j’ai intégré le Programme Phoenix, dont ma mission consistait à éliminer certaines nuisances à la guerre du Vietnam sur le sol américain. J’ai cessé de compter le nombre de vies humaines que j’ai fauchées, parce que c’était mon métier, et parce que la conscience va beaucoup mieux ainsi. Je suis devenue l’une des meilleures tueuses de la CIA, un pion utile, efficace et discret. Je menais en même temps ma double vie au cabinet du dentiste. Puis mon Jackson qui n’a jamais su.

J’avais quarante-neuf ans. Je n'ai jamais eu d'enfant. J'ai toujours eu peur que Jackson me quitte, si jamais je lui faisais part de mon désir et que ça ne lui plairait pas. En même temps, avec mon activité à la CIA, je ne pouvais pas me permettre d’avoir une famille. C'est pour cette raison que j'aime la compagnie des jeunes du quartier. Quand ils viennent me voir, et qu'ils m'appellent Mamie Betty, je me sens vivante. Je me sens heureuse. J'ai l'impression que tous ces enfants sont les miens. Je les aime comme s'ils étaient les miens, mais putain qu’en même temps, ils me font tous chier. Ils se sentent si supérieurs, à la hauteur de tous les défis, prétentieux. Des petits cons, oui.

J’avais soixante-sept ans. Les sans-papiers mexicains ont toujours été un problème pour le gouvernement américain. Même la CIA s’en mêlait à l’époque, et je ne serais pas surprise qu’elle le fasse encore. Dans le sud du pays, les sans-papiers nuisaient à certaines opérations, les réduisaient à néant, même. Dans l’optique de purifier ses opérations, la CIA a entamé diverses missions visant à éliminer les sans-papiers mexicains et à réduire les passages illégaux à la frontière. L’opération, appelée le Programme Fluidité, visait plus large : l’élimination de tous ceux mettant en périls les missions illégales de la CIA sur le territoire américain. Lorsqu’une personne nuisait à la CIA, on disait qu’il ronflait trop fort. Et mon Jackson ronflait trop fort. Il aidait ces sans-papiers à passer à frontières. À obtenir leur résidence. En 1994, j’ai reçu l’ordre d’apaiser le bruit respiratoire de l’amour de ma vie. J’étais déchirée, dévastée, détruite à nouveau, mais je vous l’ai dit : je n’ai jamais échoué une mission. J’avais soixante-sept ans. Son départ m’a affectée. Jamais je n’aurais cru. J’ai demandé ma retraite. On me l’a refusée. Onze fois. Mes requêtes étaient toutes rejetées.

J’avais soixante-seize ans. Je n’avais pas tué depuis près de six ans. La CIA s’est décidée sur mon sort, refusant toutefois ma retraite. Après une entente, après de lourdes négociations, j’ai obtenu le statut d’agent inactif. À l’époque, les agents mis temporairement au placard étaient délocalisés pour leur propre sécurité. Ils m’ont forcé la main. J’ai dû quitter pour le Royaume-Uni dans une petite ville où les putains de moustiques n’osaient même pas se rendre. Je n’ai jamais été recontactée par la CIA. Et je doute l’être un jour. En toute honnêteté, je m’en balance royalement.

J’avais quatre-vingt-huit ans. Dans la foulée des merdes se produisant sur la planète avec Anonymous et WikiLeaks, toutes les autorités sont sur le pied d’alerte. C’était l’an dernier. WikiLeaks a publié une liste d’agents actifs et inactifs de la CIA ayant œuvré illégalement aux États-Unis. Ouais, vous comprenez la merde. J’en faisais partie. La liste a été rapidement retirée et détruite, et le danger était considéré comme nul, mais ils ont préféré me transférer en Australie, espérant sans doute que je crève rapidement. Je me suis retrouvée à Willow Lane. Un petit village, une petite banlieue, un endroit chic. Un endroit tout neuf. Le genre de bled qui me fait chier. Le genre de bled qui me pousse à espérer ma mort.

J’ai quatre-vingt-neuf ans. Je suis une consommatrice quotidienne de cannabis. C'est mon petit péché mignon. J’aime aussi la bière, mais pas ces merdes d’américaines. Oh!, ce n'est pas pour être cool que je fume, hein! Fumer, ça me détend depuis que je ne tricote plus. Ouais, tricoter. C’était ma façon de parler en toute quiétude des meurtres que je commettais pour l’Agence. En plus, je suis convaincue que c'est grâce à ces fines herbes que je survis à toutes mes vieilles amies éphémères. Elles n'avaient qu'à fumer, elles aussi! J’adore cuisiner des cookies. Et j’adore inviter les jeunes du quartier à manger à la maison. Je me sens vivante, bien sûr, mais je trouve également le temps beaucoup moins long et pénible. On ne m'appelle pas Mamie Betty pour rien!
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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Lun 19 Sep - 7:14 - #

Bienvenue parmi nous

Bon courage pour la suite de ta fiche

C'est un très bon choix de personnage, un personnage noir et pas tout jeune ca change
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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Lun 19 Sep - 10:01 - #

Bienvenue !

Je veux, j'exige un lien avec toi mamie !
Ton personnage va être tellement génial, je le sens... Le début est déjà très inspirant !
J'ai des idées plein la tête et tant d'amour vache à te proposer niark
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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Lun 19 Sep - 11:21 - #

Whaaaa, je suis tellement en extase devant ton personnage. ELLE A L'AIR TROP COOL. J'ai hâte d'en apprendre un peu plus. Bonne rédaction et surtout, BIENVENUE à Willow Lane !

*lève sa pancarte* « Mamie Betty, Présidente ! Mamie Betty, Présidente ! »
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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Lun 19 Sep - 13:49 - #

Bienvenue :D
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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Lun 19 Sep - 14:49 - #

Bienvenuuuue ! hello
Il a l'air tellement intéressant ton personnage, j'ai hâte d'en savoir plus. Coeur
Fais attention par contre, elle n'a pas pu arriver dans le quartier en 2003. Willow Lane est tout nouveau tout beau, les premiers habitants sont arrivés en décembre 2015 seulement. ^^

Bon courage pour la rédaction de ta petite fiche, n'hésite pas à nous contacter en cas de besoin ! copain


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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Lun 19 Sep - 15:40 - #

Merciiiii *.*

Décembre 2015, hein. C'est encore mieux. Pardon du détail loupé, ce sera vite réglé!

<3
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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Lun 19 Sep - 17:21 - #

Bienvenue sur WL :)
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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Lun 19 Sep - 20:24 - #

Génial le personnage !  krkr
J'adore!

Bienvenue parmi nous!  Yeah
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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Mar 20 Sep - 17:15 - #

Bienvenue par ici :D Hâte de faire la connaissance de ton personnage. saute
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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Mar 20 Sep - 18:24 - #

lol punaise j'adore trop 02
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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Mar 20 Sep - 18:33 - #

Toi, toi, toi, toiiiiiii lèche
Tu le sais et je me répète, mais ce perso c'est la perfection incarnée Coeur
J'ai hâte que tu fasses vivre pour vrai ta belle terreur!
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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Mar 20 Sep - 19:39 - #

Merci à tous! Mamie vous déteste copain
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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Mer 21 Sep - 3:19 - #

Sois la bienvenue, Betty et on voit très rarement une femme noire et vieille, comme ton avatar!

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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Mer 21 Sep - 3:22 - #

C'est intéressant parfois de sortir des sentiers battus :)

Merci à toi :) T'es toute belle et toute blonde *.* Mamie adore les blondes <3
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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Mer 21 Sep - 16:38 - #

Coucou !
Ta fiche est nickel, j'ai hâte de voir ce que ça va donner en rp. Haha Je te valide, je te mets ta couleur orange et je te place au numéro 1 sur Orange Street. o/


Félicitations !


Maintenant que ta fiche a été validée, tu vas pouvoir te lancer dans le jeu avec ton beau personnage Coeur. N'oublie pas de remplir ton profil afin qu'on ait toutes tes infos en un coup d'oeil ! Voici aussi quelques petites choses qui pourront t'aider un peu :

♦️ Tu trouveras la liste des logements par ici, pour voir qui sont tes voisins proches et moins proches. Et si tu as un métier, il t'est demandé d'aller le recenser dans ce sujet =].

♦️ Grâce à la zone "recherche de rp" tu pourras très vite te trouver des camarades pour jouer ! Ou sinon, tu peux aussi ouvrir un rp libre et venir donner le lien par là. Ou répondre à un rp qui attend une réponse aussi, c'est comme tu veux ! Et si jamais tu veux un lien avec l'un de tes voisins, il y a toujours le sujet "demande de lien" =)

♦️ Si tu souhaites poster une fiche de suivi/liens pour ton personnage, c'est dans cette zone que ça se passe ! Il y a un code en libre-service mais tu n'es pas obligé de l'utiliser !

♦️ La section "flood & jeux" et la chatbox t'attendent si jamais tu veux discuter avec d'autres membres. Surtout n'hésite pas à lancer des conversations et des jeux par toi-même ♥️.



Si jamais ça t'intéresse, tu peux t'inscrire aux rps aléatoires en ce moment. =) En cas de souci ou de question, n'hésite pas à contacter le staff par mp. Coeur

Amuse-toi bien avec ton personnage ! Yeah


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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Mer 21 Sep - 19:14 - #

Wow °° 
J'aime. J'aime. J'aime. J'AIME. 
Bisous.♥️
Et bienvenue ! Cool
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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
Jeu 22 Sep - 10:09 - #

Bienvenue parmi nous o/

C'est cool d'avoir osé un personnage un peu différent Haha. J'espère que tu te plairas parmi nous en tout cas Coeur


Kendall Monroe
Fonda ✘ N'hésite pas à me contacter par MP si besoin
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Re: Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
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Betty Mapisa ☼ If you're unable to do it, breaks his neck
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